FAYOLLE (Jean-Raymond)



FAYOLLE (Jean-Raymond)), conventionnel, né à Saint-Paul-lès-Romans, le 23 décembre 1746, était avocat en Parlement et receveur des consignations de la ville de Romans dès 1775, date à laquelle il eut un procès, pour injures, avec le juge royal. Ayant accueilli la Révolution avec faveur, il devint membre de la municipalité de cette ville, en 1790, ensuite président du tribunal du district et, le 8 septembre 1791, accusateur public près le tribunal criminel du département. Elu député à la Convention nationale, le neuvième sur dix et par 282 suffrages sur 478 votants, dans l'assemblée qui se tint à Valence, du 2 au 14 septembre 1792, il vota, " comme législateur ", pour la détention et ensuite pour le sursis, dans le procès de Louis XVI ; puis, vraisemblablement par crainte d'être tenu pour suspect lui-même, provoqua un décret d'accusation contre les députés Rouyer et Brunel, le 2 avril 1793, et, dix jours après, demanda l'applicacation stricte de la loi contre les suspects. On peut, en effet, se faire une idée de son opinion véritable sur les violents de l'époque, par une lettre en date du 9 juin de cette année-là, dans laquelle parlant de la journée du 31 mai, il dit que les dénonciations qui amenèrent alors l'arrestation de plusieurs députés " ne sont étayées sur rien, pas même sur des prétextes. " Aussi, n'en fut-il pas moins arrêté le 3 octobre suivant, pour avoir protesté contre ces arrestations.
Rendu à la liberté le 18 frimaire an III (8 décembre 1794), Fayolle reprit sa place sur les bancs de la Convention ; mais sans enthousiasme, si l'on en juge par cette phrase d'une autre de ses lettres, en date du 3 pluviôse : " Heureux qui ne tient à aucune fonction publique en temps de révolution ". Ajoutons qu'il ne craignit plus alors d'affirmer ses sentiments de modération : car il demanda, par exem{323}ple, au lendemain du 13 vendémiaire an IV, que les insurgés vaincus fussent jugés par les tribunaux ordinaires et, devenu membre du Conseil des Cinq-Cents, il fit au sein de cette assemblée, le 17 brumaire an IV, un long et substantiel discours tendant à l'abrogation du décret qui excluait non seulement les émigrés, mais leurs parents de toutes fonctions publiques.
Signalé ainsi à l'animadversion des violents, Fayolle fut naturellement une des victimes du 18 fructidor an V. Arrêté, comme tant d'autres, ce jourlà, à 6 heures du matin, il fut enfermé au Temple et ne dut qu'à de puissantes amitiés d'être relâché le surlendemain, ce qui l'impressionna de telle sorte qu'il écrivait quelques jours après : " Ma santé seroit beaucoup meilleure sans les orages politiques, qui ne sont pas mon élément. Où nous conduiront-ils ? chacun fait ses conjectures. A moi le temps me dure d'être au terme de mes fonctions, afin d'aller respirer l'air natal. " Et de fait, sa carrière politique finit avec la seconde session du Corps législatif, le 29 floréal an VI (18 mai 1798).
Nommé juge au tribunal d'appel de Grenoble, le 3 décembre 1799, Fayolle ajouta bientôt après à cette charge, celle de président de la cour criminelle du département de la Drôme, et fut décoré de la Légion d'honneur le 14 juin 1804. Devenu simple conseiller à la cour de Grenoble, en 1811, il le fut jusqu'à son décès dans cette ville, le 7 mai 1821. Quant au jugement porté sur cet ancien conventionnel par Rochas, il n'est que le résumé, peu bienveillant et d'ailleurs incomplet, de notes de police de 1810, que nous avons également eues sous les yeux, et dans lesquelles, tout en reconnaissant que Fayolle est d'une " bonne moralité et passe pour très intègre et très honnête homme ", on lui reproche de vivre à l'écart et de ne pas exercer, par suite, assez d'influence autour de lui ; ce qui s'explique par l'appréciation qu'il faisait lui-même de son caractère, dans une lettre du 16 novembre 1795 : " Aller solliciter en personne m'eût un peu trop répugné ; car vous connoissez mon éloignement pour tout ce qui a l'apparence de la grandeur, de quelque nom qu'on le colore. " Ajoutons qu'il mourut célibataire.
On a de lui : I. Compte de recette et dépense du représentant du peuple Fayolle, pendant sa mission dans les départements de l'Ain, Montblanc, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Ardèche, pour y surveiller et activer la réparation des routes. Impr. nat., fructidor an III, in-8º. - II. Rapport fait par Fayolle, au nom de la Commission chargée d'examiner la réclamation du citoyen Soulié, notaire public à Vabre, département de l'Ariège. Paris, impr. nat., floréal an IV, in-8º.
#Biogr. Dauph., i, 381. - Arch. Drôme, E, 2051. - Dº de l'Isère, B, 2209. - Réimpr. du Moniteur, xv, 220 ; xvii, 307 ; xviii, 60, etc. - Bull. d'archéol., iii, 192 et xxx, 110. - Fastes Lég. d'honneur, v, 306.




Brun-Durand Dictionnaire Biographique de la Drôme 1901

Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme & Les amis du Vieux Marsanne

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