GIRAUD (Léon)



GIRAUD (Léon)), cousin du précédent, avocat et publiciste, né à Romans le 20 janvier 1852, étant allé à Grenoble pour y suivre les cours de la faculté de droit, - où il prit à 20 ans le grade de licencié, - s'y occupa surtout de politique ; car il comptait, dès 1870, parmi les rédacteurs du Réveil de l'Isère, feuille radicale à cette époque, et publia, quatre ans après, sous le voile de l'anonyme, un livre intitulé Familia, dans lequel tout ce qu'il estimait être injuste dans notre organisation sociale est violemment attaqué. D'autant plus partisan de l'émancipation de la femme qu'il la jugeait indispensable pour rétablir l'équilibre dans notre société troublée, il soutenait alors, en outre, que la femme, qui n'avait bénéficié en rien de la Révolution, n'arriverait à l'indépendance qu'autant qu'elle abdiquerait ses croyances religieuses, et se jeta, par suite, à corps perdu, dans le mouvement féministe, aussitôt après son arrivée à Paris, où il se fit inscrire comme avocat à la cour d'appel et fut reçu docteur en droit en 1878, avec une thèse remarquable sur La propriété littéraire et artistique en droit français. Il fut notamment un des organisateurs du congrès du droit des femmes, tenu en cette même année 1878 ; puis il coopéra à la fondation du journal La Citoyenne, dont il fut ensuite un collaborateur assidu, tout en consacrant encore d'autres écrits à la défense de ses idées. Bien plus, novateur audacieux et passionné, mais d'une entière bonne foi et d'un complet désintéressement, il alla aux Etats-Unis, en 1882, pour se rendre compte par lui-même du rôle de plus en plus important de la femme dans la grande république américaine, et c'est au retour de ce voyage qu'il fit paraître, sous le voile de l'anonyme encore, un Essai sur la condition des femmes en Europe et en Amérique, que l'Académie française, à qui il fut présenté l'année suivante pour le prix Botta, n'osa pas couronner, à cause de la hardiesse de ses conclusions, mais dont le rapporteur de ce concours proclama la valeur, en déclarant que cet ouvrage avait " été l'objet d'une attention sérieuse et que les généreuses intentions de son auteur n'étaient pas méconnues. "
C'était en 1883. Six ans après, Léon Giraud prenait une part des plus actives au congrès de la réforme judiciaire, au sein duquel il traita surtout de la recherche de la paternité, et, deux ans après, il obtenait de la faculté de droit de Paris le prix Rossi, pour un mémoire sur la condition des femmes au point de vue des droits public et politique ; ce qui veut dire qu'il n'avait pas cessé d'être un défenseur éloquent et convaincu des {387}droits et des intérêts de la femme. Seulement, il n'était plus en même temps, comme autrefois, un adversaire déclaré de l'idée religieuse, et tout particulièrement du catholicisme ; car la foi de son enfance le reprit peu à peu, à partir de 1889, et il en était complètement imprégné lorsqu'il mourut, tout jeune encore, à Grasse, le 23 mars 1893, des suites d'une longue maladie.
BIBLIOGRAPHIE. - I* Familia, études et pamphlets. Grenoble, Rigaudin, 1874, in-8º de vii + 185 pp.
II. La Propriété littéraire et artistique en droit français, thèse pour le doctorat en droit.
III*. Souvenir du Congrès pour le droit des femmes, tenu à Paris en août 1878. Paris, A. Ghio, 1879, in-12.
IV. Le roman de la femme chrétienne. Etude historique, avec une préface de Mlle Hubertine Auclerc. Id. 1880, in-12.
V*. Les femmes et les libres-penseurs, réponse à M. Benjamin Gastineau pour sa brochure " Les femmes et les prêtres ". Paris, Périnet, 1880, in-12 publié sous le pseudonyme de Draigue.
VI*. Essai sur la condition des femmes en Europe et en Amérique. Paris, Ghio, 1883, in-12.
VII. La femme et la nouvelle loi sur le divorce. Paris, Pedone-Lauriel, 1885, in-12.
VIII. La vérité sur la recherche de la paternité. Paris, Pichon, 1888, in-8º. Extrait de la Revue critique de législation et de jurisprudence.
IX. Des promesses de mariage, étude historique et juridique. Id., 1889, in-8º. Extrait de la même revue.
X. Contradictions du Code Napoléon et la nécessité de le reviser. Paris, Georges, 1889, in-8º de 16 pp. Extrait de la Revue de morale progressive.
XI. La recherche de la paternité. Préliminaires d'un projet de loi. Id., 1890, in-8º de 19 pages. Extrait de la même revue.
XII. De la condition des femmes au point de vue des droits public et politique. Etude de législation comparée. Paris, Pichon, 1891, in-8º.
Citons enfin un article des plus nourris intitulé : Dépopulation et démocratie, dans la Nouvelle Revue du 1er mars 1896.
#Et. civil. - Notes de fam. et de MM. Champavier et Mossant.




Brun-Durand Dictionnaire Biographique de la Drôme 1901

Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme & Les amis du Vieux Marsanne

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