GONTARD, évêque de Valence au xi



GONTARD, évêque de Valence au xi{391}e siècle, est généralement donné comme étant le fils d'Hugues et le petit-fils de Geilon, comte de Valentinois ; or, c'est d'autant plus invraisemblable qu'il résulte d'un acte de 1064 environ, que ce prélat avait pour frère un Hugues, vassal d'Adon, frère de Léger, archevêque de Vienne, à cause de certaines terres voisines d'Alixan. Quant à son épiscopat, il commença en 1063, à ce que nous apprend une sentence rendue entre l'abbé et le prieur de Saint-Félix de Valence, en 1066. Quelque temps après, il acquérait à son évêché et à son chapitre indivisément le château d'Alixan, que les chanoines de Romans lui abandonnèrent ou restituèrent en échange de certains pâturages et de quelques droits ; et, deux ans plus tard (1072), il assistait au concile de Châlon-sur-Saône, dans lequel il fut débouté de ses prétentions sur le château de Pisançon, qu'il disputait aux mêmes chanoines de Romans.
En 1081, Warmond, archevêque de Vienne, étant mort, et le clergé et les habitants de cette ville n'osant pas procéder à l'élection de son successeur, par crainte d'exciter le mécontentement de l'empereur Henri IV, parce qu'on était alors au plus fort de la grande querelle entre le Sacerdoce et l'Empire, c'est Gontard qui fut chargé d'administrer l'archidiocèse de Vienne pendant la vacance, qui ne dura pas moins de huit ans, ce qui lui permit de s'intituler " soixante-deuxième archevêque de la sainte église de Vienne ", dans l'acte d'institution d'Aldegarde, abbesse de Saint-André-le-Haut, en 1084. Mais l'événement le plus important de l'épiscopat de ce prélat est, sans contredit, la consécration de la cathédrale de Valence par le pape Urbain II. Allant à Clermont pour y tenir le concile dans lequel fut décidée la première croisade, ce pontife s'arrêta en effet à Valence, dont il dédia solennellement la cathédrale à la Bienheureuse Vierge Marie et aux saints martyrs Corneille et Cyprien, en présence de douze évêques, le 5 août 1095. Or, une ancienne chronique raconte que, pour se conformer à de pieuses intentions manifestées par Charlemagne, notre prélat fit démolir les oratoires de la Sainte-Croix et de Saint-Cyprien, qui se trouvaient auprès de l'église de Saint-Etienne, et qu'il construisit à leur place, et de la première à la dernière pierre, une magnifique basilique dans laquelle il fit transporter les restes de saint Corneille et de saint Cyprien, qui furent placés sur un autel, avec ceux des saints martyrs Félix, Fortunat et Achillée, et de saint Apollinaire. Hanc basilicam magnificam, a primo lapide ad summum usque ædificavit, sanctissimorumque martyrum Cornelii et Cypriani ossa coadunando suprà majus altare, una cum corporibus sanctorum Felicis, Fortunati et Achillei, ac primi episcopi Apollinaris.
Cet évêque se trouva-t-il au concile qui fut tenu à Valence, le 30 septembre 1100, par les légats Jean et Benoît ? On peut le supposer, ainsi que l'ont fait quelques auteurs ; mais rien ne le prouve, attendu que l'on n'a pas les noms des vingt-quatre prélats qui assistèrent à ce concile.
#Cart. de Romans, etc., 16 bis, 66 et 84. - Ch. U. Chevalier, Cart. du Bourg-lès-Valence, etc., ii, note. - Gall. Christ., xvi, 74. - Charvet, Mém. pour... Saint-André-le-Haut, 52. - Le Lièvre, Hist. de Vienne, 314. - Bull. d'hist. ecctés... ii, 103, art. de M. Perrossier. - Chron. Valent, épisc. dans Docum. inéd. relatifs au Dauph., ii, 3e livraison. - Etc.




Brun-Durand Dictionnaire Biographique de la Drôme 1901

Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme & Les amis du Vieux Marsanne

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