MARSANNE (Jean-Louis-Charles-François)



MARSANNE (Jean-Louis-Charles-François{122} de), seigneur de Fontjulianne et de Saint-Genis, naquit à Montélimar, en 1741, d'autre Jean-Louis et de Justine de la Coste-Maucune. Il était l'arrière-petit-fils d'un Pierre de Marsanne, seigneur de Saint-Genis, qui fit construire, en 1593, la maisonforte de Fontjulianne sur Sauzet, et d'une famille qui, bien qu'elle ne remonte qu'à Guy de Marsanne, damoiseau vivant en 1301, a ses armoiries : de gueules au lion d'or, au chef de même chargé de trois roses du champ, à la salle des Croisades, grâce à la production que fit, en 1760, celui qui nous occupe, d'une charte fausse, suivant laquelle un Humbert de Marsanne aurait pris part à la première croisade.
Après avoir fait partie de l'Assemblée de Vizille, M. de Marsanne assista à la réunion que la noblesse dauphinoise tint à Grenoble, les 25, 26 et 27 août 1788, sous la présidence du comte de Morges, et, qui plus est, il y fit un discours dont la phrase suivante peut donner le ton : " La suite des événements, Messieurs, ne doit-elle pas nous faire prévoir que le fouet de Louis XIV peut devenir, entre les mains des ministres actuels, une verge de fer. "
Aussi ne manqua-t-il pas d'assister aux assemblées, puis aux états provinciaux de Romans ; et, élu député de la noblesse du Dauphiné aux états généraux du royaume, le 5 janvier 1789, fut-il des premiers à se joindre aux députés du tiers état. Mais il n'en fit pas moins de l'opposition à certaines réformes décrétées par l'Assemblée nationale, ce qui lui valut d'être violemment attaqué par la Chronique de Paris (nº 66), et, comme il revint en Dauphiné sur ces entrefaites (18 novembre 1789), d'être accusé de trahison par la foule.
Le 19 août 1789, la garde nationale de Montélimar, dont il était le colonel élu, alla le chercher à Fontjulianne où il s'était retiré et, l'ayant amené en ville, le gardait à vue, depuis douze jours, dans son hôtel, lorsqu'une lettre du président de l'Assemblée nationale arriva, donnant l'ordre de lui rendre la liberté. Il n'en fallut pas davantage pour retourner l'opinion en sa faveur, et, relâché aux cris de : " Vive notre colonel ! Vive le comte de Marsanne ! ", il répondit à ces acclamations par une harangue dans laquelle il disait qu'" avilis par huit cents ans de despotisme, nos pères avaient perdu jusqu'aux sentiments de leurs fers. "
De retour à l'Assemblée nationale, M. de Marsanne demanda l'abolition des droits d'aubaine, et fit décréter, le 10 juillet 1790, que les biens des religionnaires fugitifs, encore entre les mains de la régie, seraient rendus à leurs héritiers, ce qui est à son honneur.
Emigré ensuite, il se rendit à l'armée de Condé, où il fut très mal reçu. La confiscation de ses biens acheva sa ruine, déjà commencée par son père, et, pour refaire sa fortune, il s'occupa alors de magnétisme, croyant découvrir des trésors au moyen d'une boule magnétique.
Il mourut à Montélimar, le 19 novembre 1815, ne laissant pas d'enfants de Marie-Anne de Faret de Fournès, qu'il avait épousée le 17 mars de l'année 1773.
ICONOGRAPHIE. - I. Portr. dans un méd. de 0,08 ; cadre de 0,160/0,084. Buste de profil à D., grav. à l'eau-forte par Paris. Gros, del ; Courbe, sculp. Déjabin, édit. - II. Ovale de 0,146/0,125 ; cadre de 0,200/0,158. Buste de 3/4 à D., avec chapeau à plumes sur la tête. (Le Vachez, édit.)
BIBLIOGRAPHIE. - I. Discours prononcé par un membre de la noblesse à l'Assemblée tenue à Grenoble le 25 août 1788. S.l.n.d., in-8º de 7 pp.
II. Motion faite à l'Assemblée nationale par M. de Marsanne, député du Dauphiné. S.l.n.d., in-8º de 4 pp.
#Rochas, ii, 124. - Bull. d'archéol., v, 465. - De Coston, Hist. de Montélimar, i, 57. - P. Roger, La nobl. de Fr. aux Croisades, 182. - Lacroix, L'Arr. de Montélimar, v, 93. - Ed. Maignien, Bibliogr. histor., i, 60. - Réimpr. du Moniteur, ii, 93 ; iv, 257 ; v, 93.




Brun-Durand Dictionnaire Biographique de la Drôme 1901

Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme & Les amis du Vieux Marsanne

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