METZ (Pierre de)



METZ (Pierre de)), horloger, appartenant à une famille de monnayeurs connue à Romans dès 1392 et vraisemblablement éteinte avec Jeanne de Metz dite Copin, qui donna en 1605 tous ses biens à l'Aumône de cette ville, sous condition " d'estre placée et secourue à l'hospital Pailharey entretenu par ladicte Aumosne ", jouissait d'une telle réputation au commencement du xve siècle que, l'horloge de Saint-André de Grenoble s'étant détraquée en 1411, les consuls de cette ville le firent venir de Romans pour la réparer. Les écrits du temps l'appellent, du reste, magister orologiorum, et nous devons remarquer avec cela, qu'à cette époque, l'art de l'horlogerie était pratiqué avec succès à Romans, ainsi que le prouve le fait suivant. Voulant doter leur ville d'une horloge municipale, les consuls et notables de Montélimar chargèrent, au mois de janvier 1412, Jacques Marche ou Marcha, horloger de Romans, de ce travail, pour lequel ils lui promirent 100 florins, étant stipulé que ladite horloge serait en fer et acier de bonne qualité, qu'elle aurait un cadran de laiton représentant le soleil et la lune, qu'on l'adapterait à une cloche de 20 ou 25 quintaux fournie par la ville et, finalement, que cette horloge serait terminée à la Toussaint au plus tard. Or, fait assez rare, notre horloger fut exact, ainsi que le prouve l'accord que les consuls de Montélimar, devenus plus exigeants, firent le 20 novembre 1412, avec un autre habitant de Romans, le peintre Jean de Loregua. Pour le prix de 13 florins et 18 gros, ce dernier s'engagea à peindre sur le cadran de cette horloge un soleil d'or fin sur azur fin, à y indiquer les heures en noir sur fond blanc et à ajouter, comme supports, quatre anges couronnés, peints également en or fin, la muraille devant être, en outre, revêtue d'une couleur rouge semée d'étoiles d'argent, toutes choses qui furent faites ainsi que cela avait été convenu, et, dans de si bonnes conditions, qu'elles subsistaient encore en grande partie, au siècle dernier. Quant aux horlogers Pierre de Metz et Jacques Marche, ils durent mourir ou quitter Romans peu d'années après, emportant avec eux la réputation de l'horlogerie romanaise ; car, on voit, treize ans plus tard, les habitants de Romans s'adresser à un horloger de Fribourg, Pierre Cudrifin, pour la construction de leur Jacquemart, qui fut terminé en 1430.
#Cart. de Romans, ii, 391. - Ed. Maignien, Artistes gren., 243. - Arch. hosp. de Romans, ii, B, 8. - Bull. d'archéol., ix, 353, 459. - Arch. de la Drôme, E, 3652.




Brun-Durand Dictionnaire Biographique de la Drôme 1901

Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme & Les amis du Vieux Marsanne

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